rivière-mémoire
Le fleuve ne dit pas son nom.
Il dit « ici », « there » et glisse
entre les maisons qui n’écoutent pas
nos pères fantômes,
leurs accents épars
comme copeaux de bois
dans l’hiver des étés disparus.
Je tends l’oreille :
le courant ramène des mots
brisés, inventés, oubliés, tounen,
comme si la langue elle-même
cherchait un refuge
dans l’ombre des ponts.